Eh Oh ! C’est MON amie !

Mais c’était pas gagné ! Pourtant, son petit frère était un de mes amis d’enfance, un peu comme un 2ème frère à mes yeux. En fait, madame avait décidé de ne pas m’apprécier, et le pire, c’est que c’était réciproque. Il a fallu que je sois en couple avec son cousin pour qu’elle daigne, au bout d’un an, sortir de sa tannière. Le contact a été difficile et pourtant on a chacune essayé de se parler. Je pense, au fond, que j’avais envie d’être son amie, rien que parce qu’elle ne m’appréciait pas. Un peu maso, certes, mais j’ai toujours adoré relever les défis.

Un soir elle me croise en voiture et sur un simple salut, nous sommes restées presque 2h à converser de tout et rien. Je lui propose d’aller en boite avec moi, elle accepte et nous voilà parties jusqu’au bout de la nuit. En entrant, elle me dit que c’est la première fois qu’elle y allait. J’ai marqué un point. La soirée a été géniale et depuis nous ne nous sommes plus lachées. Tu me demanderais pourquoi que je ne saurais te répondre. On est simplement devenues amies et même les meilleures amies qu’ils soient.

La fin de l’été approchait et nous devions retourner à nos études, moi à Toulon en entrant à la fac et elle à Montpellier. C’est pas grave, le téléphone existe ! A ça pour exister, il a existé ! Des conversations de plusieurs heures à chaque coup de fil. Une ruine ce téléphone !

Et vint le jour où je me suis séparée avec son cousin. Ou plutôt, le jour où il m’a jetée comme une merde. Désespérée, je l’appelle pour qu’elle m’aide et qu’elle tente de le faire revenir à la raison. Elle a fait son possible, mais il est resté sur ses positions (ndlr : à ce jour, ni elle ni moi ne regrettons ce choix !)

S’en suit une période des plus dures pour moi, car qui dit premier amour, dit premier chagrin d’amour et gros désespoir. J’étais en première année de Licence, je me disais que je n’arriverai à rien, que j’étais foutue etc. Pendant des mois j’ai ressassé mes souvenirs et d’innombrables échapattoires, mais rien ne fonctionnait. Un soir, débordée par ma peine et aveuglée par mes larmes je prends le téléphone et je l’appelle instinctivement.

« Allô? » , « Mince, je te réveille… », « Il est minuit, je dormais…Qu’est-ce qu’il t’arrive ? », « Non, c’est bon, excuse moi, je te laisse dormir je te rappellerai demain… », « Euh non, je vais pas raccrocher tant que tu ne m’auras pas dit ce qu’il t’arrivait et que tu ne cesseras pas te pleurer. »

Je suis peut-être naïve, mais j’ai toujours pensé que c’était la seule personne à pouvoir me répondre, à minuit, un soir en semaine. Ca m’a tellement marquée que j’ai su dès cet instant, que je pouvais absolument toujours compter sur elle. Et surtout, que c’était réciproque.

Plusieurs mois plus tard, je me suis rendue chez elle à Montpellier, dans un tout petit appartement. En fait, tout était petit, même l’évier. L’eau était calcaire et elle s’est amusée pendant 5 jours à m’entendre pester après cette fichue eau quand je me lavais les dents. Elle m’a fait connaître ce merveilleux Polygone dont je rêve depuis des années dans l’espoir d’y retourner. Elle a aussi pu se rendre compte de ma phobie des avions lorsqu’un de ces engins nous est passé à quelques mètres au dessus de la tête car il venait de décoller. Paniquée, recroquevillée pour ne plus entendre le bruit ni même le voir, tout ça, devant les yeux ébahis d’amis à elle qui essayaient de lui faire remarquer que j’étais pas très bien : « MERRRRDE !!! PUTAIN CHUI CON elle a la phobie de l’avion !! ».

Le moment inoubliable restera cette fameuse nuit où j’ai été attaquée par sa peluche dauphin. Elle a beau démentir l’histoire depuis des années, je persiste à croire qu’il a voulu me tuer dans mon sommeil ! Ce satané dauphin s’est jeté sur moi et a voulu m’étouffer !! Je te le jure !! Je l’ai donc chopé par la queue et jeté par terre à l’autre bout de la pièce. Le lendemain, quand elle trouve sa peluche par terre dans un coin de la pièce, elle s’étonne :

« Mais que fait ma peluche par terre ? », « Beh, elle a voulu me tuer en pleine nuit alors je l’ai balarguée sous la table », « Mais ça va pas la tête ? », « Je te jure !! Il s’est jeté sur moi pour m’étouffer ! », « Oui, bien sûr, t’as rêvé quoi ! », « Mais non je ne dormais pas !! », « T’es complètement tarée« .

Puis elle est venue passer quelques jours chez moi avant de repartir chez elle sur notre île. J’ai compris qu’elle avait de réels soucis d’estomac et quand un soir elle s’est sentie vraiment très mal, à ne plus pouvoir bouger et à s’endormir sur le canapé, je l’ai veillée comme si c’était un membre de ma famille. Le lendemain, quand elle m’a vue allongée sur la banquette du salon, elle n’a pas compris ce que je faisais là. Ma mère lui a expliqué que j’avais préféré dormir pas trop loin pour être là si elle avait besoin.

Une année je décide de passer quelques jours sur mon île avec mon frangin pour fêter le jour de l’an. Premières fêtes de Noël là-bas. Ses parents voulaient nous loger dans leur tout petit appartement. Sa mère avait même prévu des repas pour tous les jours, mais tu penses bien que nos frangins avaient d’autres choses à faire que de manger avec nous !

Un jour de l’an que nous avions préparé comme deux pros : un buffet dinatoire (toasts, champagne etc.) qui nous avait pris une journée d’organisation ! A minuit, j’étais déjà ivre de joie et de champagne et nous décidons de partir fêter ça en boite de nuit avec tous nos amis d’enfance.

A 4h ou 5h du mat’, l’alcool était dans tout mon corps et j’avais absolument besoin de m’allonger. Je suis partie en direction de la voiture, je me suis laissée tomber par terre, adossée à la portière, et j’ai rencontré un minou qui venait me faire des bisous de bonne année. Non, je te rassure, c’est ce que j’ai dit. Quand elle m’a rejointe, elle n’a pas compris ce que je foutais assise par terre dans la boue…Le lendemain, tout le monde pensait que j’étais tombée car en me relevant, je me tortillais dans tous les sens (en fait je remettais juste mon collant) !

Sur le chemin du retour, j’avais tellement penché le siège passager que l’on ne me voyait même plus. Arrivée au village avec un hoquet de malheur, je descends tant bien que mal de la voiture quand elle me dit :

« Oh marmottine, c’est toi qui a vomi ? », « Gné ? », « C’est toi qui a vomi ? », « Mais quoi tu me dis ? », « Là, regarde, c’est toi qui a vomi ? », « Oh mon dieu ! Non ce n’est pas moi ! »

Quelqu’un avait laissé un souvenir juste à côté de mes pieds, et toute saoule que j’étais, j’avais réussi à l’éviter ! Bref, ma mission était de rentrer me coucher : je commence à courir sur une pente mouillée et raide. Dans sa tête, elle se dit que je vais me tuer. Sur le pas de la porte, mon unique préoccupation était d’ôter mes bottes. « Mais qu’est ce que tu fabriques ? », « Bah, c’est tout mouillé je vais pas salir ! ». Une fois dans l’appart’, je me suis jetée toute habillée sur le clic-clac. « Qu’est ce que tu fais ? » dit-elle d’un air dubitatif,  « Je me faxe dans le lit« . No comment.

Entre temps nous avons toutes deux rencontré ce que nous pensions être nos âmes soeurs. On s’est rapidement trompées et le retour à la réalité a été bien dur. Elle m’a donné un grand bol de courage car elle a fait mine de prendre ça à la légère, certainement parce que je suis plus sensible et qu’elle voulait que je relève la tête.

Puis un jour, elle décida de partir s’installer sur Paris. Elle est arrivée, la voiture débordante de valises, avec toute sa vie qui tenait dans ce petit tas de ferraille. J’étais aussi triste qu’elle à l’idée qu’elle quitte son île et sa famille, mais enthousiaste en pensant qu’une vie nouvelle s’offrait à elle.

Deux mois plus tard, j’apprenais qu’elle avait rencontré un gentil garçon et qu’elle avait fini par oublier son ex, un débile profond au doux surnom de Ken. Bien contente qu’elle ne soit pas toute seule dans cette jungle parisienne, je partais le coeur (presque) serein en Italie (épisodes 1 à 7 de ma saga ritalesque).

Je l’appelle pour prendre de ses nouvelles et savoir si elle connaissait un lieu où je pouvais séjourner (auberge, hôtel etc.) sur Paris avant de partir en Angleterre (je te raconterai prochainement). Qu’est-ce que j’ai fait de dire ça ! Elle m’a ordonnée de venir chez elle ! Oui mais, chez elle, c’était chez son nouveau chéri que je ne connaissais pas encore et ça m’angoissais…

De retour en France, je m’apprête donc à monter à la Capitale, le coeur un peu serré. Ecoute, si j’avais pu imaginer qu’il serait arrivé comme un ami de longue date, qu’il aurait pris ma valise comme si de rien n’était et qu’il m’aurait parlé comme à un membre de sa famille, alors je serais montée plus tôt ! Soulagée de la savoir avec quelqu’un de merveilleux, j’ai d’autant plus apprécié mon séjour Parisien. J’y ai fait la connaissance de sa belle famille, tout aussi accueillante et adorable, et de tous leurs amis ! Une grosse bouffée d’air frais.

J’y ai aussi fait la connaissance d’un animal que je qualifiie de malsain…leur chat ! Un vrai démon qui se faufile dans ton lit tel un ver de terre et te dévore les orteils si tu as le malheur de bouger !  Complètement taré cet animal…

Voilà, ça c’était en 2008. Aujourd’hui, bien des choses ont changé : ils ont acheté un appartement, elle a changé de poste à son boulot, ils ont un 2ème chat…
Notre amitié ? Elle est restée indemne et encore plus soudée ! Dans quelques mois va naître un petit bout de chou dont je vais être la marraine et j’ai bien hâte de remonter les voir.

Comme quoi des fois, persévérer ça a du bon. Si je n’avais pas cherché à discuter avec elle, nous n’en serions absolument pas là.

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PS : marmonaute, j’espère que tu n’es pas mouru en lisant ce long récit, je te promets que j’vais essayer d’écrire des trucs plus courts !

Eh Oh ! C’est MON amie !
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