Il va falloir que l’on m’explique certaines choses. Depuis quand choisir son boulot (en autres, dans des filières difficiles tels que la restauration et le médical) et être son propre patron signifie que l’on est seul à devoir être « fatigué » ? Alors, sous prétexte que certains métiers sont éreintants, il faudrait que l’on décerne une médaille ?
Je m’explique : je ne suis pas encore rentrée officiellement dans la vie active puisque je suis en stage de fin d’études. D’accord. Mais quand je fais le bilan de ma vie professionnelle, je me rends compte que je bosse depuis que j’ai 18 ans et j’en ai, à ce jour, 26. Oui, et pas des petits boulots pour la forme. Des boulots où j’ai bossé comme une VRAIE salariée.
Je n’ai rien demandé à mes parents. Je me suis toujours débrouillée pour tout, même quand j’ai dû partir à l’étranger toute seule. Ils m’ont toujours épaulée financièrement, cela va de soi. Cependant, j’ai toujours géré mes papiers et mes démarches administratives. Le truc, c’est que très tôt, mes parents m’ont toujours dit qu’ils ne seraient pas toujours là pour moi et que je devais apprendre, par moi-même, à m’auto-gérer. Notamment question boulot.
Eh oui, je sais pas pour toi, mais moi le travail ne m’est pas tombé tout cuit. J’ai toujours « bossé » pour en avoir et je ne le dois qu’à moi et à personne d’autre.
A 18 ans, je suis rentrée chez Carrouf en tant que caissière pour commencer à être indépendante et pouvoir ainsi me payer mes extras sans rien demander à mes parents (téléphone, forfait, fringues, cigarettes etc). J’ai fait ça pendant 1 an et demi (en parallèle de mes études) puis je suis partie pour être chargée de clientèle en banque pendant l’été. J’ai tellement pris ce boulot à coeur que j’ai été rappelée pendant 4 saisons. Cette année on a réclamé après moi, j’ai dû refuser car je finissais mes études avec mon stage.
Entre temps, j’ai été professeur à domicile où j’ai aidé du mieux que j’ai pu deux élèves en Anglais et en Italien. Pareil, j’ai mérité les pauvres euros que j’ai gagnés car je ne me contentais pas de leur faire réviser leurs leçons, je leur préparais de réels cours pendant 1h ou 1h30 avec des exercices mûrement réfléchis et corrections pour terminer. Chaque cours était en rapport avec le programme du moment, je me basais toujours sur ce qu’ils faisaient pour ne pas les embrouiller et pourtant j’étais payée une misère. A la rentrée de Septembre, une maman m’a rappelée car elle voulait que je revienne, même si son fils s’en sortait mieux, juste pour qu’il continue sur sa lancée (je lui avais fait gagner 7 points dans sa moyenne).
Une année, au lieu de m’accorder un mois de vacances en Corse après un mois passé à bosser en banque, j’ai décidé de profiter de ce mois passé là-bas pour me trouver un autre job en banque. Résultat : des semaines à bosser avec un temps magnifique et des touristes qui venaient me narguer en maillots de bains, tandis que les week-end étaient absolument dégueulasses et que par ce mauvais temps j’en suis tombée malade… J’étais seule en agence avec le directeur qui me laissait tout faire. Une fois il a même demandé à un équipier volant de prendre ma place à l’accueil pour que je m’occupe des dossiers tranquillement car j’étais tellement malade qu’il préférait que je sois au calme. Je pense avoir quand même bien mérité mon salaire et on m’a même demandé de revenir.
Mon premier stage de Master 1, même si j’étais en collectivité territoriale, ne m’a pas donné l’impression d’être une fonctionnaire. J’ai bossé comme une employée à temps plein en étant payée 417 euros pendant 5 mois et quand j’ai fini fin Juillet 2010, j’ai enchaîné par un mois complet en banque pour reprendre la fac juste après en Septembre.
Depuis deux ans j’accumule fac/stages/boulots et je ne rechigne pas à la tâche. Mais aujourd’hui, j’aimerais que certaines personnes comprennent que de temps en temps, mes nerfs commencent à lâcher et que la fatigue physique mais aussi morale se fait sentir. Alors, désolée, je n’ai pas un boulot manuel, je n’ai pas un boulot à pression ni un boulot d’esclave, mais tu sais ce qui fait la différence ? C’est que je me suis donnée beaucoup de mal pour avoir un boulot ou du moins d’avoir la chance de bosser dans une filière qui me plaît et dans laquelle je souhaite m’épanouir.
Pour arriver à cela, j’ai dû cravacher pendant des années, du collège à l’université, pour obtenir les diplômes requis et ainsi avoir la chance de faire ce que je désirais. Et même si j’ai mis beaucoup de temps pour y arriver, je n’ai pas le droit d’être considérée comme quelqu’un qui n’a rien branlé de sa vie et qui n’aurait pas le droit de ressentir une quelconque faiblesse après des années de travail sans un vrai goût de vacances bien méritées.
Aujourd’hui je suis dans mon dernier mois de stage et je suis en train de me dire que j’aimerais me prendre une bonne semaine mais qu’en même temps, je ne souhaite pas me retrouver à la maison à ne rien faire et à galérer pour trouver un boulot pendant plusieurs mois (au mieux). Cruel dilemme. Tellement habituée à bosser que même quand je « peux » m’accorder un peu de bon temps, je me dis que je n’ai pas un rond et que je dois trouver un boulot pour sortir de cette situation merdique. Alors qu’est-ce que je fais ? Je bosse comme pas deux dans l’espoir d’obtenir un contrat. Y’a même de fortes chances qu’on me rappelle après, mais rien n’est jamais acquis.
J’ai mes week-end ? Oui, depuis deux mois ils ne sont consacrés qu’à mon déménagement-emménagement, et pour couronner le tout, ce week-end j’ai même fait 120 bornes en une journée pour me taper 3 heures de ménage afin de délester mes parents qui louent leur maison à des vacanciers. Eh oui, c’est super de se crever le derche devant des gens qui eux vont apprécier la piscine et le soleil pendant que moi j’avais les mains dans la javel et les cheveux dégueulasses qu’une gamine avait parsemé dans toute ma maison.
Voilà, si tu ne l’as pas encore compris au travers de ce billet totalement en vrac, je suis out of order. Ou presque. Tu seras donc gentil de cesser de dire que je ne fais rien et de me répéter « que ça c’est le début de la vraie vie« . La vraie vie ça fait des années que je la côtoie, et je t’ai pas attendu pour le savoir.



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Pour moi ça semblait évident que tu avais déjà bossé, c’est bizarre de sous entendre que tu ne fais rien. C’est tout aussi injuste que de dire à chômeur qu’il se la coule douce (ouais, je connais).
Je pense même que tu n’aurais pas volé un peu de repos. La vraie vie c’est pas une question d’âge ou d’études longue durée, on peu l’avoir appréhendé très jeune…
En fait ce n’est même pas sous-entendu, je l’ai toujours pris dans la poire… Et hier, alors que j’exprimais mon besoin de repos, on m’a rétorqué que je ne travaillais pas vraiment (voire pas du tout puisque que je suis en institution, ah bah oui c’est bien connu…personne n’y travaille !), que je découvrais à peine le travail, la vie et tout le tralala habituel.
Je pense qu’on est dans une société qui tend à renvoyer les gens dos à dos : salariés contre indépendants, étudiants contre salariés, jeunes diplômés contre vieux autodidactes … la liste est longue.


Moi j’ai le sentiment qu’il y a tout de même pas mal de gens qui bossent dur et qui ont du mal … qu’ils soient salariés ou pas … et je ne parle pas des chômeurs qui peinent à se recaser et enchaînent les petits boulots … ou de ceux qui n’ont même pas l’opportunité de décrocher un petit job.
Te dire que tu ne connais pas la vie c’est tellement facile …
Oui c’est tout à fait ça. Je déteste qu’on me dise que je découvre la vie et le travail. Ce w-e j’ai montré mon CV à mes parents qui sont restés bêtes en disant « ah bah oui, je ne me rappelais même plus que tu avais fait tout ça. Et dire qu’on nous a répété pendant des années que tu ne foutais rien »…
Pour moi aussi ca semble évident que tu travailles et travaillais, je ne comprends pas ceux qui disent le contraire.
Comme dit DrakGally c’est tout aussi injuste que de dire à un chômeur qu’il ne fout rien.
En fait il ne faut pas faire de généralités. Il y a des étudiants bosseurs et des étudiants glandeurs. Il y a des chômeurs qui cherchent à s’en sortir, et des chômeurs qui ne se foulent pas trop. C’est comme les cons, y’en a partout !
Arf… je connais… Moi je m’octroie là 2jours de congé sur aout (histoire de faire un long week-end)… et j’ai mauvaise conscience.
Attention de ne pas devenir workaholic…
Non ça va je n’ai pas encore mauvaise conscience, je m’inquiète juste pour la suite car j’ai peur de ne pas trouver d’emploi… et ma qualité (même si c’est à des dépends) c’est de toujours bosser correctement pour ne pas avoir de casseroles derrière moi. C’est un avantage pour être recommandé à droite et à gauche. Je me suis toujours boostée comme ça !
Ben voyons^^ Depuis quand les gens qui se permettent de fourrer le nez dans les affaires des autres sont intelligents… faut être couillon pour penser qu’un étudiant fout rien. Tu bosses tes cours et ben oui étudiant en France ne nourrit pas son homme alors tu dois bosser pour manger. Y’a vraiment des gens… En tous cas tu devrais envoyer cette/ces personnes Chi** la prochaine fois.
Rassure-toi, je les tacle direct quand j’entends ça. C’est toujours pour te faire comprendre que EUX ils travaillent alors que toi tu GLANDES, tu comprends, la vie leur a tout donné comme du pain béni et moi je dois trimer pour avoir un boulot correct. Eh oui, et ce serait presque ma faute !
Je suis on ne peux plus d’accord avec toi. J’espère que tu vas avoir un peu de repos quand même cet été pour ne pas frôler le burn out… Bon courage
J’attends avec grande impatience mon w-e de 3 jours avec le 15 Août… C’est toujours ça de pris !
un peu de repos n’a jamais fait de mal à personne, tu cravaches dur depuis pas mal de temps tu le mérites même si pas de fric, pas de boulot etc… parfois se reposer permet de repartir de bon pied !! ton article est très bien, tu sais ce que tu vis pas la peine d’écouter les autres qui auront toujours un truc à redire
Entièrement d’accord ! Mais le jour où je serai sortie de tout ça, que j’aurai ma petite vie bien établie (à 100%), je pense qu’ils se prendront une grosse claque. D’ordinaire, je ne suis pas rancunière, mais parfois ça fait du bien
Tiens, je connais un peu tout ça.
Honnêtement, si tu en as l’occasion et la possibilité et les moyens, prends-la, ta semaine de vacances. N’en déplaise aux grincheux. Si je l’avais fait à l’époque, je n’en serais peut-être pas où j’en suis maintenant…
Oui, je pense qu’il faut réagir avant que la corde ne cède…
hey! tu as le droit de t’accorder des vacances aussi! à ce train-là tu finiras par faire une crise de nerf! travailler dur ne veut pas dire se tuer à la tâche!
le dernier paragraphe me fait penser à ma belle-mère qui veut toujours nous aider à démarrer dans la vie alors que ça fait 10 ans que je travaille, que j’ai vécu 5 ans seule et que je m’assume donc parfaitement financièrement et administrativement. elle m’énerve quand elle me sort un petit billet pour nous aider…
Honnêtement, quand je dis que moi je galère pour gagner un peu de fric etc, je parle en mon nom et non en celui de mon couple. Nous vivons très bien mais moi je ne souhaite pas vivre aux crochets de quelqu’un et encore moins de mon homme. Si j’ai fait tout ça, c’est pour avoir une bonne situation et ne rien demander à personne. Mes parents me demandent souvent si j’ai besoin de quelque chose etc je ne vais pas me plaindre, j’ai quand même une famille là pour moi, c’est énorme. Mais je paye mes factures personnelles, je renfloue mon compte dès que possible avec mes petites gratifications de stage, boulots d’été etc.
Moi je dis juste « chapeau » parce que j’ai beau réfléchir je ne connais personne qui a autant de niak et qui en veut!
Par contre, un peu de repos je pense serait le bienvenu parce que tu vas nous péter une durite d’ici peu!
Oui la marmotte va devenir réellement folle !
Merci ma belle Vir et toi aussi repose toi ☺
Je suis bien d’accord avec toi! Quand j’ai fait mon billet sur tous les jobs que j’avais exercés en parallèle de mes études avant d’être prof, certains de mes amis de la vraie vie m’ont dit : « Ah ben finalement, t’es une bosseuse! » Ben oui, parce que pour eux je suis une grosse feignasse de prof qui n’en fiche pas une… J’ai bossé pour payer mes études, j’ai travaillé dur pour vivre et même parfois survivre. Alors je te comprends très bien!
Non mais tu sais, ça dépend toujours du corps de métier ! T’es prof, t’es un bon à rien qui finit à 17h et ne fout rien. T’es fonctionnaire, pareil. Mais bien sûr, y’a que les médecins et les restaurateurs qui travaillent. Tu vois, je préfère entendre mon frère, qui lui commence son boulot à 7h30 et qui passe la journée debout devant sa machine, me dire qu’il bosse et qu’il en a marre, plutôt que quelqu’un qui ne cesse de me répéter que là où je bosse personne ne fout rien car c’est tous des branlos. Parce que même si je ne me sens pas visée, ça m’agace. Comme de dire que j’ai rien foutu de ma vie à part faire des études…
Ben évidemment que tu as le droit d’être claquée ! Moi même qui suis en congé parental avec mes deux babies (et qui donc ne fout rien), je suis claquée, alors toi j’imagine… Moi aussi je faisais des jobs d’été, ça m’a permis d’acheter un ordi portable et une micro chaîne hifi, j’étais toute fière
Bises et bon courages, ne va pas jusqu’au burn out
Et je me dis que j’ai pas encore d’enfant donc si j’en avais je serais à l’agonie lol
C’est comme quand on te dit que les mères au foyer ne foutent rien…ma mère a stoppé son travail pour s’occuper de mon frère et moi, ça n’a jamais été de tout repos ! Bon courage à toi aussi pour ton congé parental ! Bises
‘regarde-là marmottinne, encore en train de rien glander sur son blog’
(je déconne je déconne, pose cette matraque!!)