Le jour où j’ai rencontré un fantôme…

Non, ne me prends pas pour une folle dingo (même si depuis le temps tu commences à y croire), je te jure que c’est la vraie vérité ! Je n’étais ni saoule, ni droguée ni même endormie donc ne sors pas trop vite la camisole !

C’était l’été, il y a 10 ans,  il faisait chaud et nuit. 3h du mat’ chez des amis devant la tv en train de jouer à la console, mon frère en a marre et décide de rentrer se coucher. Je le supplie de m’attendre pour ne pas rentrer seule, mais il s’en tape le coquillard et me laisse en plan. Tant pis, je continue à faire la geek.

4h du mat’, il est temps de rentrer chez moi. J’enfile mes chaussures et sors. Là où on vivait sur mon île, ce n’était pas loin de la maison de mes amis, mais de nuit, sans personne dans les ruelles de mon village, c’est flippant.

Et c’est à ce moment même que le fantôme m’est apparu. Alors ne te crois pas dans un vieux remake de Ghostbusters, j’ai pas vu un visage ni même une silhouette masculine, féminine ni même animale. Je n’ai vu qu’une grosse masse opaque et blanche sortir d’un buisson et se diriger vers moi.

Paniquée, je prends mes jambes à mon cou et détale comme une gazelle. Sauf qu’à 4h du mat’, talons aux pieds et fatigue cumulée, c’est difficile de courir et de respirer en même temps ! J’arrive sur la place de l’église, je vois au loin deux amis à moi. Je cours vers eux et m’assois sur le rebord du bâtiment complètement essouflée et terrorisée. Ils ne comprennent pas et tentent en vain de me faire parler car ils ne m’ont jamais vue dans cet état. Ce n’est qu’au bout de 10 minutes, souffle retrouvé et idées presque au clair, que je réussis à prononcer ces mots : « J’ai…j’ai…j’ai vu…j’ai vu un fantôme« .

Leurs réactions m’ont étonnée car l’un d’eux à rigolé aux éclats alors que l’autre est resté de marbre. Intriguée, je lui demande pourquoi il ne se moque pas de moi. Sa réponse me glace le sang : « Parce que je te crois« . S’en suit une conversation des plus hallucinantes. Il commence à me raconter toutes les histoires étranges de notre village et des alentours. De la maison hantée qui refuse de se faire rénôver, en passant par la fameuse tête blanche qui apparaît à une fenêtre à en faire pâlir un de nos amis des plus courageux. Sans oublier, notre fameux Saint-Esprit.

Le Saint-Esprit, ou du moins, ce que l’on appelle le Saint-Esprit, c’est une petite chapelle perdue au fin fond de la forêt et qui détient deux légendes. La première raconte que la chapelle ne devait pas se construire à cet endroit mais que les pierres du chantier étaient chaque matin retrouvées ici au lieu de leur place initiale. On dit toujours que c’est le Saint-Esprit qui l’a décidé. Elle fut donc construite là où les pierres étaient posées. La seconde légende parle d’une jeune femme poursuivie par les Sarrazins et qui en courant pour se sauver, son bébé au bras, le fit tomber en trébuchant sur un rocher. Ils auraient été tués et sur le chemin, une pierre gravée d’une croix représenterait l’endroit où l’enfant aurait été retrouvé mort.

Une histoire super gaie, n’est-ce pas ?

Bref, tout ça pour dire que ma soirée fut riche en émotions car au lieu de me rassurer, ils m’ont encore plus fichu la trouille. Je rentre donc me coucher escortée par mes deux amis car je ne souhaite plus me balader seule de nuit.

Le lendemain je raconte mes péripéties à d’autres amis et ils ne trouvent pas mieux que de décider d’aller au Saint-Esprit en pleine nuit. Les bras m’en tombent. Minuit sonne, nous voici partis, lampes de poche à la main. Pour nous protéger, chaque fille attrape un garçon par le bras. Oui, on était très cons. On part avec les choquottes, mais on part. Au bout de 15 minutes, on arrive à cette fameuse pierre gravée d’une croix. Personne ne doit marcher dessus et on fait tous le signe de croix. On continue notre chemin.

Evidemment, nous parlions bien fort pour que l’on nous entende et surtout pour se rassurer mutuellement. Soudain, un bruit énorme se fait entendre dans les buissons, tout le monde crie (enfin, surtout les nanas) et s’affole. Ce ne sont que d’autres amis qui se cachaient et nous suivaient. L’un d’eux a jeté un caillou dans les buissons pour nous faire peur. Super drôle, en effet… On décide de rentrer. Ce n’est que partie remise.

Le lendemain soir, on s’apprête à repartir à la conquête du Saint-Esprit. Comme tu l’as compris, nous sommes masos… Toujours en bande et armés de nos lampes, nous partons dès que toutes les comères du villages sont couchées et que personne ne peut nous déranger. L’escapade n’aura duré que très peu car comme la veille, les bruits étranges de la forêt et la peur de tomber sur un sanglier (ou pire…) nous ont fait rebrousser chemin.

Le surlendemain, hors de question de ne pas monter jusqu’à la chapelle et rien ne pourra nous en empêcher. Notre bande s’est entre temps développée et nous partons à une dizaine. Le chemin se fait dans la bonne humeur mais la seule lampe nous lâche. Comment ? Ma petite cousine a cru faire la maline en courant dans les feuilles sauf qu’elle n’avait pas vu le petit trou et est tombée avec la lampe. Super, comme s’il faisait pas déjà assez nuit !

On continue notre chemin et on s’arrête devant le haut de la colline où se trouve la chapelle. Devant nous un buisson qui commence à bouger. Une de mes amies se met à hurler comme une dégénérée, une amie lui ferme la bouche pour taire le cri et une autre saute dans le buisson. Moi, j’hallucine tout simplement. Elle ressort du buisson et nous annonce que c’était un rat. Bonté divine, mais quelle galère !

On monte jusqu’à la chapelle, ils entrent tous, sauf moi. Tu penses, j’ai bien trop peur que la porte se referme derrière nous et comme personne n’est au courant de notre mission débile, on risque de crever dans cette foutue chapelle ! Plutôt mourir, je reste dehors et c’est mon dernier mot Jean-Pierre ! Je peux t’assurer que toute seule, devant la chapelle, je faisais pas la fière…Cinq minutes plus tard, ils ressortent et on se casse. Tout ça pour ça tu me diras ? C’est exactement ce que mon amie, qui hurlait devant le buisson, a dit. Des frayeurs inutiles pour un but inutile.

Le retour s’est fait à la lumière du clair de lune et en 15 minutes nous étions revenus au village.

On va voir la maison hantée dans le village du dessus ?

RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA PLUS JAMAIS CA ! PLUS JAMAIS !!!!

Quant à mon fantôme, je ne l’ai plus jamais revu et il ne me manque absolument pas. Pigé ?

Le jour où j’ai rencontré un fantôme…
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6 thoughts on “Le jour où j’ai rencontré un fantôme…

  1. Autant je comprends la peur du fantôme (non non, je ne me moque pas), mais autant je ne comprends pas pourquoi tu as tellement voulu te faire du mal (et en rajouter une couche) avec ton périple nocturne ?
    Masochiste va !

    1. Non mais elle est plus que flippante cette chapelle, y’a que nous pour y être allés de nuit en plus ! D’ordinaire c’est un endroit où les locaux et touristes vont en journée pour pique-niquer etc.

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