Chronique d’une marmotte sans job

Voilà, cela fait maintenant 5 mois que je cherche désespérément un job dans la communication. Mon tout premier job en tant que jeune diplômée. Je ne peux même pas dire que j’ai essuyé les refus puisque je n’ai quasiment reçu aucune réponse à mes centaines de CV envoyés… C’est bien ça qui me désole ! Pourquoi les employeurs n’ont pas la décence de répondre un simple « non », dans le meilleure des cas un petit message qu’ils copie-colleront expliquant brièvement leur refus ou leur incapacité à donner suite à notre demande ? Et ne me dites pas que cela prend beaucoup de temps, que ce n’est matériellement pas possible quand on reçoit des milliers de courriers par jour…blablablabla…. Foutaises.

Des fois, quand j’ai des retours, j’ai même des petites blagues : « nous recherchons une personne ayant un bac+2 et débutant dans le métier« . Serais-je trop diplômée et trop expérimentée avec mes deux stages de master ? Mais, ce que je ne comprends pas, c’est que si je postule à ce type de poste, c’est peut-être parce que personne ne recherche un bac+5 qui débute ? Et que je suis surtout prête à bosser à 70 bornes de chez moi pour être payée au Smic. Cherchez l’erreur !

Ce qui nous fait défaut, et je parle au nom de tous les communicants, c’est que tout le monde croit faire et pouvoir faire de la communication en créant une page Facebook ou un compte Twitter. Que créer un blog et ajouter 3 articles, c’est être rédacteur web. Que bidouiller un CMS, c’est être webmaster. C’est évident, quelqu’un qui vend des rideaux dans un magasin de déco est un décorateur d’intérieur, voire un architecte ! Alors moi je fais la couleur de ma mère et je me démerde plutôt bien pour lui faire les racines, ça fait de moi une coiffeuse ? Non mais, on ne sait jamais, autant je peux me reconvertir !

Ça se sent que je suis de mauvais poil, non ?

Aujourd’hui, on ne cesse de me rabâcher que les temps sont durs, que le marché de l’emploi n’est pas en forme et que donc c’est une mauvaise période. Je dois, alors, excuser la conjoncture actuelle de ne pas avoir de job et par conséquent, n’avoir aucun revenu depuis le 1er Septembre 2011 ? Sous prétexte que je vis avec une personne au salaire correct, je n’ai pas le droit de toucher le RSA. Pourtant, cette personne n’est ni mon mari, ni mon pacsé. Mon homme n’a donc ni l’obligation de m’entretenir, ni celle de payer mes factures ou encore de renflouer mon compte en banque. Demander à ma pauvre mère ? Elle ne sait même pas avec quoi elle va vivre suite au décès de mon père puisque les administrations ne sont pas pressées pour le lui notifier malgré les nombreux rendez-vous qu’elle a pu obtenir… Elle va devoir aider mon jeune frère à devenir un grand homme avec un appartement, donc se porter caution solidaire. Et pour couronner le tout, je devrais la solliciter financièrement puisque, légalement parlant, je suis toujours sous sa responsabilité ?

Non, vraiment ce monde est mal fait.

Maintenant, on me bassine avec le fameux « tu devrais prendre tout ce que l’on te propose« . D’accord. Je me suis fait chier à retourner à la fac pendant deux ans puisque ma seule licence ne m’offrait rien du tout à part un job de niveau bac, et avec mon Master 2 je devrais prendre tous les petits boulots parce que « c’est toujours ça de gagné » ? Tu peux comprendre que j’en ai plus qu’assez de devoir faire des jobs qui ne me plaisent pas et des stages payés au lance-pierre ?

Grosso modo, si je commence à perdre confiance, je vais aller vers la facilité : prendre un emploi que j’ai déjà fait et toucher un salaire, juste pour ne pas rien faire. Si je me décourage en ne voyant que des offres de stage, je vais y postuler en espérant trouver une possibilité d’embauche. Me mettre en auto-entreprise ? Bof.

Je vais donc continuer à me lever tous les matins, commencer ma journée par scruter le site de Popole qui me déprime de jour en jour, et espérer à chacune de mes candidatures, que l’employeur daignera me répondre, positivement ou non. Au mieux, me contactera pour en savoir plus et fixer un entretien. En fait, je n’en demande pas plus.

C’était la complainte de la marmotte.

 

Chronique d’une marmotte sans job
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44 thoughts on “Chronique d’une marmotte sans job

  1. Ca va faire un an que je suis au chômage; mes allocs se terminent dans 3 mois, et après pas de RSA pour les mêmes raisons que toi, avec une maison et un gosse c’est vachement pratique!
    Toujours trop qualifiée, je me suis fait un CV « neuneu » où j’ai à peine le bac, juste pour trouver un job alimentaire (oui je suis maintenant prête à aller bosser chez McDo, le fond du trou),mais là encore je suis trop vieille maintenant!

    Bac+4, 20 ans d’expériences professionnelles diverses, 38 ans d’âge, je ne trouverais jamais de boulot…
    Bon courage ma Marmotte, je ne comprends que trop bien ta frustration..

  2. Si ca peut te rassurer, je viens de quitter un job à mi-temps dans mon domaine (mais pas très intéressant) mais qui m’obligeait à me lever aux aurores pour passer presque 3h/jour dans les transports (alors que je ne bossais que 4h/jour)… et je me suis fait traiter de bourgeoise!!:-D Courage à toi, un jour ton job viendraaaaa!…

  3. Alors moi si je crée des récits pour mes élèves je suis pas écrivain? Oh mince, je vais aller vendre des rideaux…
    Je te comprends très bien. Moi j’ai envie de changer de métier, mais à chaque fois on me dit : « Maitrise de lettres, prof pendant 4 ans… mais nous on cherche quelqu’un qui a de l’expérience… » ou pire on m’a dit : « Mais on travaille dur ici » Ouais parce que j’ai pas l’habitude de travailler peut-être?
    Donc même si je ne m’épanouis plus dans mon métier, je continue (je vais aussi vers la facilité) parce qu’on m’a fait culpabiliser en me disant : « Mais au moins t’as du travail, te plains pas! »
    bon courage petite marmotte mastérisée!

    1. MDR le coup de l’écrivain, ça marche aussi ! Tu sais faire les couleurs ?
      Franchement, je méprise les gens qui mettent tous les profs dans le même sac. Certes, il y a des branlos et on en connaît tous, mais il y a aussi de bons profs qui prennent leur métier à coeur !

  4. Je ne comprends pas non plus pourquoi la plupart ne répondent pas. Au moins renvoyer un « non » puis bon voilà on est fixé. Pffff.
    Bon courage la marmotte dans tes recherches !

  5. Bon courage en tout cas ! J’ai galéré aussi pour trouver mon 1er vrai poste (avec retour chez les parents), et encore j’avais aucune limite géographique, en France c’était impossible de trouver quelque chose (en même temps l’expatriation m’appelait à corps et à cris)

  6. Hélas…ce que je vais te dire ne va pas te rassurer mais même à mon niveau d’expérience en comm, je n’ai quasiment pas de retours. Et encore, je suis une privilégiée, j’ai à peu près deux entretiens par mois (ce qui est rare)…mais nous sommes tellement nombreux sur le marché. Ca craint.

    Du courage, encore du courage et toujours du courage. Ca se tassera un jour (mais quand ?)

  7. Je me reconnais un peu dans ton témoignage. Je suis également diplômée en communication(Bac +3). Après mon diplôme j’ai rapidement trouvé un job dans la com, revers de la médaille, au bout de quelques mois, je faisais tout sauf de la com… je suis partie. Je suis restée 9 mois au chômage, j’ai finalement accepté un job qui n’avait rien à voir avec la com et qui était mal payé (mais pas le choix car pas d’aide financière). A côté de ça, j’ai commencé à m’investir dans une association culturelle en tant que bénévole. Au final, je me suis un peu créer un poste toute seule. L’asso m’a embauché en tant qu’assistante de com (bon, en CUI d’abord). Maintenant je suis en CDD (avec un CDI en vue) et heureuse de ne pas avoir abandonné la com. Désolée, j’ai raconté un peu ma vie, mais tout ça pour dire qu’il ne faut ne pas se décourager et essayer de se construire un réseau. Bon courage !

      1. Les conditions d’accès aux CUI CAE sont un peu compliqués, mais en gros (aux dernières nouvelles, parce qu’ils changent svt, ça doit les amuser), faut avoir cumulé 12 mois de chômage dans les 18 derniers mois… je ne sais pas si c’est ta situation.

  8. Bon courage à toi! Je suis dans la même situation et j’étais tellement contente d’avoir trouvé UNE semaine de taf, faire des ménages!, après cinq ans d’études c’est balaud…

  9. Je comprends, même si je n’ai pas un bac + 5 et que je ne suis pas du même domaine. J’ai voulu faire une licence professionelle pour cette rentrée, j’ai eu beau postuler, personne ne m’a appelé et je n’ai eu « que » trois lettres de refus. Comparé aux nombres d’entreprises auxquelles j’ai postulé c’est très peu, ils ne se foulent pas! Là, je suis au chômage et sans revenu depuis septembre également car ma demande d’allocation n’a pas pu etre étudié jusqu’ici à cause de mon ancien employeur… Bref, galère.
    Se tourner vers ses proches? J’ai envie de dire: tout pareil que toi…

    Enfin bref… Je te souhaite juste de trouver, d’avoir une opportunité, si possible très bientôt… 🙂

    Courage!

  10. Si ça peut te rassurer, je suis AUSSI dans la même situation ( je sais ça ne rassure pas et on s’en fou!)
    Mais pour dire à quel point le marché du travail c’est la m***, tu envoies des cv et les seuls qui te répondent c’est ceux que tu convoitait le moins … et les conseillers qui sont censés t’aider et te payer des formations qui t’aideraient, te laissent moisir , c’est désespérant .

    1. Mais même ceux que je convoite le moins ne répondent pas ! C’est à pleurer 🙁
      Mon conseiller m’a dit qu’il n’y avait pas de formation pour moi car je sortais d’une formation et que 200 jeunes de la cité à côté n’avaient pas le CAP donc que je n’étais pas sa priorité !!

  11. Comme je te comprends.
    je ne suis pas dans le même secteur que toi mais c’est clairement la même.
    Je m’ennuis à ne pas travailler, à ne pas « faire quelque chose » et passe mon temps à espérer ne serait-ce qu’un petit mail de refus, histoire de dire que des gens ont quand même lus mes candidatures….
    Ma conseillère Pôle Emploi me dit aussi qu’il faut être patiente, que ça va se décanter … et les gens autour de moi ne sont pas spécialement de bons conseils.
    Malgré tout je garde espoir et j’espère que pour toi comme pour moi ( et comme tous les chômeurs de France) la situation va effectivement rapidement se décanter … (et la Paix dans le monde … ^^ )

  12. Je te souhaite bon courage car c’est vrai que c’est souvent démoralisant ! Moi aussi je suis dans la comm, j’ai 26 ans et j’ai galérééééééééé. du coup j’suis plus calée en restauration que dans mon propre métier à force de prendre tout ce qui passait ! Essai peut etre de te renseigner sur les emplois aidés par l’état, moi c’est ce que j’ai fait pour décrocher mon boulot actuel. J’ai un « CDI en CIE/CUI » c’est à dire qu’une grooosse partie de mon salaire est payé par l’état pendant un an (genre 60% charges comprises). Souvent ca peut aider à décider les entreprses et toi, tu as un an pour faire grimper le chiffre la boite grace à tes supers idées et devenir irremplaçable ! Bonne chance pour la suite !

    1. Je connais un peu car j’ai des contacts (de mon ancien taf) qui bossent avec des entreprises pour leur trouver des gens pour ce type de contrats. Mon CV est dans leurs bureaux… Mais Popole n’accepte pas mes candidatures à ces offres…Je ne sais pas pourquoi !

  13. Incroyable, je me retrouve tellement dans ce que tu dis !
    Un master en communication web en poche, 2 stages réalisés en e-commerce, dont un en alternance (à l’époque je pensais que ça m’ouvrirait plus de portes de cumuler la fac et le boulot, à croire que non)et peu de réponses à mes candidatures… et pas un sou non plus ! Jeunes diplômés nous ne sommes à peu près rien, donc on n’a le droit à rien. Comme toi c’est grâce à Mr Chéri que je peux encore vivre normalement et non retourner vivre chez mes parents (comment font les autres ??? !!!)
    Par contre nous avons quand même droit aux RV passionnants et obligatoires de Pôle Emploi ! J’ai hâte d’y aller, sachant qu’à mon inscription la gentille dame m’a dit « dans ce domaine, je vous le dis franchement, ce n’est pas nous qui allons vous trouver du boulot ».

    Bref, on reste zen, on rassure son entourage (et soi-même) en se disant qu’on va bien finir par trouver mais y a des jours où je suis quand même bien flippée.

    Je te souhaite plein de courage en tout cas 🙂

  14. Un nouveau commentaire mais la même histoire que vous à quelques exceptions près … ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seule et que c’est possible de s’en sortir la tête haute !

  15. Triste complainte pour la marmotte. Et oui, c’est un sale temps pour les bac+5. Je te rassure…ou pas, après 5 ans d’expériences pro et suite à mon « aixpatriation », c’est toujours autant la galère pour trouver du taf.
    Ne perds pas espoir. Courage.

  16. Je te comprends, ça fait 6 mois que je suis au chômage suite à déménagement et je pensais vraiment retrouver du travail plus rapidement ! Ce qui me mine le plus, c’est de n’avoir aucun entretien, j’ai parlé à ma conseillère pour savoir si mon CV n’était pas rebutant. Elle m’a dit qu’il était très bien et qu’il fallait malheureusement du temps pour retrouver du boulot, que je ne devais pas désespérer. Je confirme que les CUI/CAE sont réservés aux chômeurs de plus d’un an donc je n’y ai pas droit non plus et c’est souvent les annonces les plus intéressantes !

  17. Je me reconnais un peu dans ton témoignage. Je suis également diplômée en communication(Bac +3). Après mon diplôme j’ai rapidement trouvé un job dans la com, revers de la médaille, au bout de quelques mois, je faisais tout sauf de la com… je suis partie. Je suis restée 9 mois au chômage, j’ai finalement accepté un job qui n’avait rien à voir avec la com et qui était mal payé (mais pas le choix car pas d’aide financière). A côté de ça, j’ai commencé à m’investir dans une association culturelle en tant que bénévole. Au final, je me suis un peu créer un poste toute seule. L’asso m’a embauché en tant qu’assistante de com (bon, en CUI d’abord). Maintenant je suis en CDD (avec un CDI en vue) et heureuse de ne pas avoir abandonné la com. Désolée, j’ai raconté un peu ma vie, mais tout ça pour dire qu’il ne faut ne pas se décourager et essayer de se construire un réseau. Bon courage !
    +1

  18. c’est exactement ce que je vis… si tu me lis un peu, tu as pu le constater au fil des années.. et on arrête pas de me dire aussi de prendre le premier truc venu, alors que j’ai un master 2 et j’étais major promo. je n’ai bossé que 9 mois dans des tafs intéressants, tous les autres j’ai détesté. là, je suis seule et au RSA j’ai dû me résoudre à continuer les petits boulots de merde. le pire c’est même pas les tafs et leur paie pourrie, c’est de travailler avec des collègues débiles (par ex là je faisais de la mise sous pli, ils étaient même pas capable de mettre deux papiers différents dans les enveloppes..)

    1. Mon dieu comme je te comprends… et j’espère que tu vas finir par trouver quelque chose à ton niveau et dont tu rêves !
      J’ai moi aussi été confrontée à des gens « expérimentés » dans des tafs que j’ai exercés pendant mes études, et qui étaient incapables de faire une tâche bête comme chou… un truc donné à un enfant de 10 ans limite ! J’ai même connu des gens qui ne branlotaient rien (d’une part par fainéantise, d’autre part par incompétence) et qui signaient des CDI juste parce que quelqu’un avait le bras long dans leur famille… Bref, c’est ça notre société !

  19. en un an et demi de chômage, je n’ai reçu que 3 réponses négatives et trois entretiens (négatifs) avec une 20taine de cv envoyés par semaine. et aucun fameux rendez-vous mensuel au pôle emploi bien entendu… ça fait 4 ans que le dernier taf dans ma branche s’est terminé et que j’en cherche un autre…

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