Un seul être vous manque…

1er Juillet 2010 : je rentre chez moi, je suis inquiète. J’ose à peine en parler à mes parents, mais c’est trop tentant, je me lance. Je viens de passer mon permis et je sais à 99% que je vais l’avoir. Après des années de galères, c’est une joie, un soulagement. Nous sommes à table, le téléphone sonne. Un des frères de ma mère en ligne. Le verdict est tombé : mon oncle nous a quittés. C’est con mais, même si on le savait depuis quelques jours, après qu’il ait été plongé dans le coma avec de fortes doses de morphine, mon sang se glace. Le visage de ma mère se décompose. Ne sachant ni quoi dire ni quoi faire, je m’éclipse dans ma chambre. Un tas de choses me viennent en tête. Je me prends tous ces mois de douleurs, de peine, de détresse et de colère en pleine figure, le seul moyen de les matérialiser, c’est de pleurer. Pleurer pour commencer à oublier, pleurer pour se sentir soulagé, pleurer pour simplement évacuer.

Tu te dis que la vie n’est que peu de choses et qu’elle mérite d’être vécue pleinement. Que d’avoir seulement profité de deux années après la retraite, c’est bien malheureux. D’avoir bossé toutes ces années pour ne pas pouvoir profiter de sa famille et de son temps libre…Mais après des mois de souffrance, tu te dis que c’est forcément ce que tu lui souhaitais de mieux. De partir sans s’en rendre compte, de tout lâcher sans se soucier de la suite. De reposer en paix tout simplement.

Malgré tout, tu arrives à te souvenir de choses qui te faisaient rire. De quand il appelait avec son éternelle blague du commissariat qui appelle pour je ne sais quelle raison alors qu’on connaissait l’histoire par cœur. Du jour où son supérieur à l’armée lui a annoncé, un 1er avril, que son fils venait de naître et qu’il a cru que c’était un poisson d’avril. De tous ces moments où il se regardait dans le miroir en répétant indéfiniment qu’il était canon. De la fois où il allait se marier pour la première fois et que le jour de la cérémonie il sortait du lit de sa maîtresse. Alors certes, 62 ans c’est jeune quoi qu’on en pense, mais je vais essayer de me dire que ce fut 62 belles années où tu as profité pleinement de cette vie épicurienne que tu t’efforçais de mener.

Pour ce triste anniversaire, je voulais te dédier ce billet… Tu nous manques, tu me manques.

Un seul être vous manque…
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18 thoughts on “Un seul être vous manque…

  1. On sent tellement d’amour dans ce message…C’est beau et émouvant.
    Je ne sais que dire d’autres (je n’ai jamais connu ça), mais je suis sûre que tout cet amour reste et est certainement ressenti…

  2. Triste anniversaire. Fin juin, j’ai une amie qui est également morte, il y a maintenant 3 ans environ, à 21 ans et de façon inexpliquée. J’arrive toujours pas à m’en remettre, ce qui me console c’est qu’à chaque fois que sa petite soeur de 13 ans vient en France, je m’occupe d’elle à la place de sa soeur, on l’emmène dans les parcs, faire des visites et des bêtises. J’aime beaucoup la petite et ça me donne l’impression de voir encore mon amie à travers elle.
    Ton oncle a de la chance d’être si bien aimé par sa famille.

    1. 21 ans, c’est affreux…Ce que tu fais avec sa petite soeur, c’est une façon comme une autre d’apaiser sa peine. Le 9 Juillet 2009 j’ai perdu un ami d’enfance dans un accident (oui, le mois de Juillet est vraiment noir pour moi), et je ne cesse de penser à sa compagne qui s’est retrouvée subitement seule et désespérée. Je ne la connaissais quasiment pas à l’époque et pourtant je lui ai témoigné tout mon soutien et dès que je peux je passe lui rendre visite et m’assurer qu’elle va bien. Je pense que c’est un peu la même chose pour toi….

  3. Mon oncle (qui doit avoir à peu près le même âge que le tien vu qu’il est à la retraite depuis 2 ans) a un cancer du poumon et du foie. On a été dans l’attente de l’horrible appel pendant des mois. Heureusement la chimio a fait effet et il a un répit, 5 ans peut-être… Alors ton billet m’a touché le fin fond du coeur! Je t’embrasse!

    1. 5 ans c’est énorme, il faut en profiter au maximum !! Mon oncle avait un cancer du colon et puis il était tout métastasé… y’avait malheureusement plus aucun espoir… d’où la nécessité d’anticiper ce genre de malheurs en consultant des spécialistes !! Je te souhaite beaucoup de courage ainsi qu’à ton oncle et je t’embrasse fort !

  4. Je suis désolée pour toi et ta famille ! Je vous souhaite beaucoup de courage ! Et ne culpabilise pas d’être allée te replier dans ta chambre : il y a peu mon père a perdu son frère. Ma mère et ma soeur ne pouvant vmt pas se libérer, c’est moi qui ait fait les 5 h de routes avec lui, la soirée dans une maison lugubre et nous sommes allés à l’enterrement. C’est la première fois que j’ai vu mon papa pleurer. Je me mordais les joues pour ne pas m’effondrer et j’ai attendu pour le faire. L’important c’est que tu arrives à relativiser comme tu l’as fait et que vous vous soutenez dans votre famille. Bisous (ça réconforte à ce qu’il paraît !)

    1. Bonjour et désolée de ne répondre que maintenant. Merci pour ton message et ton soutien, je comprends également ta situation et tu as eu raison de l’accompagner dans ce tragique événement…

  5. La mort a l’air de tous nous poursuivre…
    Et les autres ne savent pas quoi nous dire dans ces moments là..
    Je suis tout de même ravie de découvrir ton monde, bien qu’aujourd’hui il ne soit pas tous gai.. Le plus important c’est tout l’amour que tu montre à son égard.
    Bises

  6. Même expérience plusieurs fois, dont une étrangement similaire… Et je n’ai pour autant rien à dire si ce n’est que tu as fait ce qu’il fallait ! Ton message et tes souvenir sont très beau ; Gros poutous 🙂

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